Les gens heureux lisent et boivent du café

Publié le 23 Juillet 2013

Les gens heureux lisent et boivent du café

Depuis un an, Diane, une jeune femme d’une trentaine d’années, regrette amèrement de ne pas avoir accompagné son mari, Colin et sa fille Clara, 5 ans, ce jour là, lorsqu’ils sont partis faire des courses.

Les vacances s’annonçaient. Diane, trop occupée, les a laissés partir tous les deux. Elle voulait pourtant que sa fille reste à la maison puis elle a cédé et lui a donné le droit d’aller avec son père. Ils sont partis en chahutant, comme à leur habitude, mais ne sont jamais revenus. Un camion a percuté leur véhicule, ils sont morts.

Elle a pu voir une ultime fois son mari, Colin, lui a parlé, mais il est décédé quelque temps après son arrivée à l’hôpital. Sa fille, Clara, est morte sur le coup.

Diane ne le supporte pas et s’enfuit de l’hôpital. Elle n’assistera même pas aux obsèques... N’en a pas la force, ni l’envie. Elle voudrait les rejoindre. Voudrait se réveiller. Elle est cassée au plus profond d’elle-même.

Elle se retrouve seule. Brutalement. C’est le vide. Le néant.

Un an plus tard, Diane est toujours dans le même état. Elle ne travaille plus. Ne sors plus de chez elle. Elle fume beaucoup, porte les chemises de son homme, ne se lave quasiment plus, et lorsqu’elle le fait, elle utilise toujours le shampoing parfumé à la fraise de sa fille. Elle n’a rien touché depuis leur décès. Tout est intact, comme s’ils allaient revenir d’une minute à l’autre.

Félix, son meilleur ami et collègue de travail, ne l’a jamais quitté depuis ce drame. Il y a quelques années, ils ont ouvert ensemble un café-littéraire, mais depuis le drame, Diane n’y a plus jamais remis les pieds.

Félix aime les hommes, il est excentrique et drôle. Il lui raconte ses aventures, tente de la faire sortir, de lui redonner goût à la vie, mais n’y parvient pas malgré toute sa bonne volonté. Il passe chaque jour chez elle, lui fait à manger, lui parle, la motive, mais il désespère de la voir évoluer.

Diane aimait tant lire, elle ne lit plus. Elle aimait son travail, mais ne veux plus travailler. Elle se repasse en boucle le drame, est plongée dans ses souvenirs, noyée dans une profonde dépression.

Ses parents ne savent plus quoi faire pour l’aider et ne la comprennent pas, ses proches non plus...

Diane ne trouve plus de sens à sa vie. Son appartement lui semble mort lui aussi. Rien ne la retient ici, elle n’aime plus cet endroit, ni les endroits qu’elle fréquentait autrefois, ni la ville, ni les gens.

Un soir, un souvenir lui revient, Colin aimait l’Irlande... Elle sait qu’elle doit partir là bas. Sans trop réfléchir, elle décide de partir vivre en Irlande.

Elle ferme les yeux, pose son doigt au hasard sur une carte, et découvre en les rouvrant : Mulranny. Elle partira vivre dans le petit village de Mulranny.

Elle trouve une location, organise son voyage et l’annonce à Félix qui essaie de la convaincre de ne pas partir. Il s’inquiète de la savoir seule là bas, ses parents tout autant mais elle est bien décidée. Elle part.

Elle tient, avant son départ, à aller au cimetière, sur la tombe de son mari et de sa fille. C’est la première fois qu’elle réussit à y aller. Elle s’y rend avec Félix.

Le lendemain, c’est le départ. Félix l’accompagne à l’aéroport. L’ambiance est lourde mais Diane est déterminée. Elle monte dans l’avion et pense déjà à sa nouvelle vie.

Lorsqu’elle arrive en Irlande, elle est un peu perdue mais fait rapidement connaissance avec les propriétaires de son chalet. Un couple adorable qui l’accueille chaleureusement.

Les premiers temps, Diane ne sort pas. Elle regarde la mer par la fenêtre, téléphone à Félix de temps en temps, dors beaucoup...mais ne se sent pas mal.

Seule ombre au tableau, le fils de ses propriétaires qui est aussi son voisin, Edward. Un homme prétentieux, glacial et asocial, qui n’hésite pas à la malmener. Il ne veut pas d’elle ici et il lui fera parfaitement comprendre.

Diane est apeurée et n’a pas beaucoup de moyens de défense, mais l’instinct de survie est parfois plus fort que tout le reste.

Cet homme est entré violemment dans sa vie, et ce ne sera pas sans conséquences...

Ils étaient partis en chahutant dans l'escalier...J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je me dis qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurai voulu être avec eux.

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Les premiers chapitres du livre sont poignants. Ils décrivent avec justesse la tristesse, le vide intérieur, pour ne pas dire le gouffre que l’on peut ressentir lorsque l’on perd un proche, et encore plus, j'imagine lorsque l'on perd un enfant.

Les mots sont simples mais fouettent et embarquent le lecteur dans l’histoire. On peut ressentir ce que le personnage vit. L’ambiance est posée. La mort est venue faire le vide et l’on suit cette femme et mère dans sa descente aux enfers...

Un an a passé, mais elle semble avoir vécu cela hier, et nous avec.

Diane est un personnage auquel il est facile de s’identifier. Felix est l'ami dont tout le monde rêve! Edward, est quant à lui parfois mal maitrisé. L’auteure a peut-être trop voulu en faire avec lui... Sa personnalité présente quelques incohérences avec ses faits et gestes.

Lorsque Diane arrive en Irlande, on aime à penser qu’elle va reprendre goût à la vie. Il n’en est rien, du moins au début. Or sa force de caractère n’a pas disparu, bien que masquée par le chagrin et petit à petit, on sent qu’elle reprend le dessus, qu'elle se décide de nouveau à vivre, mais ce ne sera pas sans mal.

Diane est attachante et cet attachement nous pousse à continuer la lecture de ce livre. On a de la peine pour elle et l'envie qu’elle arrive à se sortir de ce deuil trop long et destructeur.

Beaucoup de péripéties pour un livre qui touche, bouleverse, amuse, questionne.

C’est léger par moment, à d’autres lourd et sombre. Il trimballe le lecteur d’émotions en émotions. Il est un peu comme le ciel d’Irlande : orages, pluies, ou ciel bleu et soleil.

Petit moins à partir du moment où elle arrive en Irlande :

Les scènes entre Edward et Diane sont parfois trop naïves et prévisibles. Elles sont un peu trop exagérées pour être réalistes. Certaines ressemblent à celles des films américains où les larmes coulent inutilement, où l’on se retrouve sous la pluie, ou les disputes arrivent comme un cheveu sur la soupe, où la bonne personne est là au bon moment, etc. C’est un peu dommage. On a l’impression que l’auteure n’est plus à l’aise avec ses personnages dans cette deuxième partie, et dans les situations qu’elle leur fait vivre; parfois tiré par les cheveux. C’est assez étonnant d'ailleurs comme changement de style puisque lorsque Diane est au plus bas, l’auteure raconte explicitement ce qu’elle ressent, c’est très bien décrit, sérieux, poignant et fort, mais lors de l’évolution du personnage, cette force s'amenuise. C'est moins réussie.

Le livre se termine d’une façon que l’on peut difficilement prévoir, vu la tournure que prend l’histoire, mais c’est mieux. Cela surprend (même si on comprend sa décision), et j’aime être surprise.

Diane lit de nouveau, boit du café et selon sa propre définition, elle est donc : heureuse.

*****

Comment sortir du gouffre lorsque l’on vient de perdre ce que l’on avait de plus cher au monde ? Comment survivre après la perte d’un enfant ?

Cette histoire nous rappelle à quel point nous sommes vulnérables face aux événements de la vie. Aujourd’hui, tout nous sourit, demain tout peut s’arrêter. Bien entendu, il ne s’agit pas de vivre avec ce genre de pensées, mais il est bon d’avoir parfois une piqure qui nous rappelle que seul, nous sommes peu de choses. Il nous emmène aussi à penser à ceux auprès desquels nous vivons au quotidien, qui parfois nous agacent ou nous pèsent, mais qui nous sont en réalité indispensables...

*****

J’ai lu ce livre très rapidement, en quelques heures. Un bon moment de lecture.

A LIRE !!

Après 6 ans d'exercice en qualité de psychologue clinicienne dans la protection de l'enfance à Rouen, Agnès Martin-Lugand se consacre à la littérature. Après avoir rencontré des difficultés auprès des maisons d'éditions pour la publication de son premier roman 'Les gens heureux lisent et boivent du café', dans lequel elle analyse et dissèque avec finesse, humour et tendresse les mécanismes de l'âme humaine, Agnès Martin-Lugand décide de se tourner vers la plateforme d'auto-édition d'Amazon. En tête des ventes sur internet, son roman est repéré par Michel Lafon qui le publie en version papier en juin 2013. 'Les gens heureux lisent et boivent du café' est acquis par 13 pays.

Après 6 ans d'exercice en qualité de psychologue clinicienne dans la protection de l'enfance à Rouen, Agnès Martin-Lugand se consacre à la littérature. Après avoir rencontré des difficultés auprès des maisons d'éditions pour la publication de son premier roman 'Les gens heureux lisent et boivent du café', dans lequel elle analyse et dissèque avec finesse, humour et tendresse les mécanismes de l'âme humaine, Agnès Martin-Lugand décide de se tourner vers la plateforme d'auto-édition d'Amazon. En tête des ventes sur internet, son roman est repéré par Michel Lafon qui le publie en version papier en juin 2013. 'Les gens heureux lisent et boivent du café' est acquis par 13 pays.

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Rédigé par Lire, Ecrire, Raconter

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bucky balls 01/04/2014 14:36

Coffee is my favorite drink and thanks for an article that gives some interesting thoughts about it. I think you possess some positive experience regarding coffee and that can be clearly dictated from the read. Thanks for offering this.

Nic 30/10/2013 11:18

J'ai eu exactement les mêmes sensations... Après une première partie si bien écrite et des sentiments si bien analysés, on a l'impression d'avoir changé d'auteur... C'est dommage et laisse un peu sur sa faim,... fin. Je suis certaine que l'auteur nous donnera à nouveau émotion et envie lors d'un prochain roman...

navet 04/12/2016 14:51

Notre neveu... chapitre 3 page 51... et non pas "notre fils" comme je le vois écrit partout.