"BEAUCOUP DE CHANCE malgré tout"

Note:
Beaucoup de chance malgré tout: Le Combat bouleversant d\'une enfant
"BEAUCOUP DE CHANCE malgré tout"

La maladie, je la mettrai dehors !

Ce livre est un témoignage dicté par la voix d’Anne Lise mais écrit par son père ou bien dicté avec la voix du père et écrite par Anne-Lise selon la façon dont on l’aborde...

 

Anne-Lise a 5 ans, elle tousse. Le docteur diagnostique une bronchite, lui prescrit sirop et antibiotiques. Seulement, après 3 semaines de traitement, Anne-Lise ne va toujours pas mieux. Elle s’essouffle, est fatiguée, a du mal à marcher. Il faut consulter à l’hôpital, ce n’est pas normal. Les examens s’enchaînent et le verdict tombe. Les bronchites, rhumes, angines ou gastros deviennent de suite des maladies bénignes. Cette fois-ci, Anne-Lise est gravement malade, elle a une LEUCÉMIE.

LEUCÉMIE : Maladie tristement célèbre, mot aussi laid qu’il fait du mal.

Ce mot secoue, gifle, assomme, anesthésie mais pourtant il est incontestable posé et la maladie installée dans le petit corps d’Anne Lise.  Les sirops ne suffiront plus à la soigner, il lui faut de la chimiothérapie.

A 6 ans, alors que les autres enfants de son âge profitent de la vie, rient, jouent, s’amusent,  Anne Lise est à l’hôpital et perd ses beaux cheveux que sa mère aime tant coiffer.  Ils tombent par poignées jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un alors elle portera des chapeaux de toute sorte qu’elle choisira avec sa mère. Anne Lise se pose des questions, trouve ça injuste mais compte bien pouvoir elle aussi être de nouveau en forme.

Les moqueries, le regard des autres, les copines qui ont peur...Anne-Lise fait face à la dureté de l’être humain et de la vie avec beaucoup de courage et de détermination.

Et Anne –Lise s’en sortira et  vivra. C'est une battante. Elle appréciera chaque instant, chaque minute, chaque objet, chaque personne.

Petite fille vive, joyeuse, au caractère bien trempé, déterminée et généreuse, petit soleil de la maison et de ses proches, Anne-lise aime la vie, aime les autres. Elle mène une scolarité quasi normale et adore le football. Adolescente pleine de rêves et d’envies, elle va au collège, découvre les garçons et l’amour, puis entre au lycée et obtient son bac.

L’épée de Damoclès plane au dessus de la tête, mais Anne-Lise a les deux pieds bien sur terre, elle préfère l’honnêteté et la franchise alors elle ne se voile pas la face. Elle grandit avec une seule envie : celle de VIVRE.

A 19 ans, elle obtient son bac et continue ses études, seulement, la maladie se rappelle à elle.  Sévèrement malade,  elle se battra encore parce qu’elle ne peut faire autrement. Sa soif de vivre est bien plus forte que cette foutue maladie !

Elle s’en sort de nouveau, connait l’amour, profite de la vie, obtient un DUT et prépare un concours. Elle a 22 ans quand le cancer semble ne pas l’avoir oublié et revient encore lui lancer un défi. Telle une sangsue, il s’accroche et ne veut plus lui laisser de répit.

Cependant, Anne-Lise a des rêves alors, comme chaque fois, n’ayant pas non plus lâché prise, elle se battra, et comme chaque fois, elle tentera de rassurer ses parents, ses frères et sœurs, de garder sa pêche, son caractère bien trempé, veillera à ce que ses angoisses et ses peurs ne se voient pas trop dans ses attitudes.  

Toutefois,  elle ressent cette nouvelle fois différemment. Elle connait par cœur les mots des médecins, leurs manières d’arrondir les angles pour s’adresser aux malades et à leur famille, leur faux optimisme alors cette fois, Anne-Lise ne dit rien mais a un mauvais pressentiment. Elle a peur  et craint de perdre la bataille contre la maladie.

Anne Lise eut de la chance dans son malheur, de la chance malgré tout. Beaucoup de ses amis malades sont décédés dès l’enfance, elle s’en est sortie plusieurs fois,  a étudié, a été aimé et a aimé, a vécu de bons moments avec sa famille, a fait des rencontres...

Elle eut de la chance de vivre malgré la maladie, de vivre malgré « tout » même si ce « tout » eut une fin...

"BEAUCOUP DE CHANCE malgré tout""BEAUCOUP DE CHANCE malgré tout"

Ce livre est un bouleversant témoignage, un hymne à la vie, une leçon de courage.

 

Pensé par le père d’Anne Lise mais écrit à la première personne comme si c’était elle, sa fille Anne Lise qui écrivait, ce livre nous fait entrer dans l'intimité de cette petite fille, jeune fille puis femme, sorte de carnet intime.

L’écriture est simple et naturelle, comme parlée. Aucune intention de grande littérature dans ce livre mais juste poser des mots sur des maux, nous faire des confidences, nous montrer des tranches de vie, le tout empli de sincérité, d’émotion mais aussi d'humour.

Anne Lise s’adresse au lecteur. Franche, dynamique, et courageuse comme le sont souvent les enfants malades, les mots sont bruts, sans chichis, ni superflus. Ils sont livrés tels qu’ils sont pensés : sincères et vrais.

Pas de chronique dans le style habituel, ce serait indécent puisqu’ici, ce n'est pas une fiction mais une réalité. Qui pourrait encore se permettre de commenter ou juger le style littéraire ou le sujet/thème après un tel récit ?...Pas moi.

Ici on ne fait qu'écouter ce que cette fille raconte, nous livre et puis l'on referme le livre sans penser de façon littéraire mais plutôt humaine. Plusieurs messages ressortent de cette lecture dont celui au sujet de l’homme et sa façon d’être envers l’autre. L’homme aime à se plaindre, c’est dans sa composante mais il  y a toujours plus malheureux que soi et il l’oublie trop souvent.

Ce livre est une belle leçon qui nous incite à regarder plus loin que le bout de notre nez et nous dire que notre sort n’est pas si terrible qu’on le voit ou le prétend.

Être mal aimé, isolé, sans revenus, pauvre c’est déjà terrible mais lorsque l’on n’a pas ou plus la santé, il n’y a pas pire.  La santé, c’est la vie ou la mort. Pas d’alternative, ni solutions.  

Telle une loterie, elle vous désigne comme grand vainqueur du jour et le lot nous tombe dessus, sans que l’on ne contrôle rien .

On peut choisir d’aimer la vie et réussir à vaincre ainsi la maladie mais c’est tout de même « au petit bonheur la chance » tandis que nos vies, nos situations, nos autres problèmes bien que compliqués, il y a toujours une porte de secours, une solution, une manière de changer ce qui ne va pas.

Anne Lise délivre aussi un message fort : les malades ne sont pas contagieux, les malades ont besoin de ceux qui sont en bonne santé. Elle dénonce les amis, familles ou connaissances qui consciemment ou inconsciemment délaissent progressivement ou abruptement les malades et leur famille.

L’humain n’est pas doté naturellement de compassion ou de compréhension. Il lui faut faire un effort, apprendre à comprendre l’autre, à le soutenir, à compatir avec sincérité, sans le plaindre, ni s’attrister, ni avoir pitié parce que ce n’est pas ce dont les malades ont besoin. Seulement, ces sentiments ne sont pas innés. L’ignorance fait beaucoup de mal, la peur aussi.

Certaines personnes surmontent et choisissent d’être là, quoi qu’il arrive, et ce, même si ça leur pèse parfois (parce que quelqu’un de malade, soyons francs, c’est tout de même moins drôle qu’une personne vive et en bonne santé). Ils décident de rester aux côtés de ceux qui souffrent parce qu’ils les aiment ou qu’ils ont réussi à comprendre mais d’autres désertent, ne donnent plus signes de vie, se font petits puis les oublient... L’homme supporte peu les ennuis (de toute sorte) des autres. Ça l'encombre ; il a bien trop à faire avec les siens...C’est dommage mais c’est une vérité, une réalité.

 

Dans un discours du 19 juin 2010 lors d'un gala au profit des enfants malades de l'hôpital trousseau, elle dit à l'assemblée:

Je trouve ça vraiment triste de constater que sur l’ensemble de mes amis, seulement 3 ou 4 sont toujours là près de moi. Je ne suis pas contagieuse, ce n’est pas de notre faute si nous avons un cancer ou une autre maladie. Nous avons besoin d’être épaulés, de sentir que malgré notre maladie ou handicap nous sommes aimés. Alors au nom de tous ceux qui sont malades, ne nous laissez pas seuls, aidez-nous à rendre le combat plus agréable, soutenez-nous !!!

J'espère ne jamais avoir à vivre le décès d’un enfant. C’est injuste et abominable.

C’est pourquoi,  je tire mon chapeau à ce papa et lui dis bravo d’être parvenu à revivre ses moments, bons mais aussi probablement très douloureux, pour rendre hommage à sa fille par le biais de ce livre, nous transcrire qui elle était, nous livrer ses messages et ses moments de vie.

C’est une belle confession, un hommage amplement mérité.

Anne Lise est un modèle pour tous ceux qui pensent que la vie est souvent désespérante, sombre ou qu’elle ne vaut pas la peine d’être vécue au maximum de ce que l’on peut la vivre.

 

Toujours selon elle,

il faut croquer la vie à pleines dents,

profiter de chaque moment

apprécier chaque jour car après...

...après il sera trop tard.

"Beaucoup de chance malgré tout" - Bernard Chaussegros - Aux editions "Calmann-Lévy"  -  2013"Beaucoup de chance malgré tout" - Bernard Chaussegros - Aux editions "Calmann-Lévy"  -  2013

"Beaucoup de chance malgré tout" - Bernard Chaussegros - Aux editions "Calmann-Lévy" - 2013

Rédigé par Nath Alie

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